Interview de Régis Renault (mise en ligne le 25/01/2001)
Je m'appelle Régis Renault, j'ai 39 ans et je suis domicilié à Carpentras dans le Vaucluse. J'ai commencé les arts martiaux à l'âge de 11 ans avec le judo avant de passer au kung-fu puis au Vajra Mushti. En 1990, avec l'aide de mon élève et ami Francisco Policarpo, nous avons créé l'Association Française de Pancrace qui est devenu Fédération de Pancrace Traditionnel et Moderne. En 1992, désireux de faire connaître notre discipline au-delà de nos frontières, nous avons constitué l'Union Internationale de Pancrace et Disciplines assimilées qui compte aujourd'hui 6 pays membres et plus de 41 clubs.
Une école de la vie, un sport dont la pratique ne peut apporter aucune lassitude tant la recherche est perpétuelle.
Cette fédération, a pour but d'unir les passionnés de combat libre et d'histoire antique, d'organiser des compétitions et de créer des échanges avec d'autres structures de combat libre.
Francisco est mon élève le plus proche mais c'est aussi et avant tout un ami, il est aujourd'hui le Président de cette fédération que nous avons créée ensemble. C'est un garçon extraordinaire qui a consacré 15 ans de sa vie aux arts martiaux.
Dans l'état actuel des choses, je pense qu'il ne faut rien attendre des autorités ministérielles.
Oui, mais extrêmement limités.
Pourquoi pas ? Je suis prêts à étudier toutes les propositions.
Ayant une démarche similaire je ne peux qu'approuver une telle initiative.
C'est un pays très tolérant qui nous permet de pratiquer notre discipline dans les meilleures conditions.
Il est vrai que les médias nous ont présenté le combat libre comme un jeu violent dénué de tout sens moral. Le Full contact, le Muay Thaï et le Kick Boxing ont rencontré, en leur temps, les mêmes hostilités. J'estime que chacun doit être en mesure de savoir ce qu'il attend d'une discipline et aucun d'entre nous n'a le droit de juger du choix personnel d'un individu. Le combat libre et la compétition en général, peuvent être très enrichissants pour ceux qui cherchent à se dépasser physiquement et mentalement. Pour ma part je m'efforce d'être tolérant et de ne pas juger autrui sur de simples apparences, je respecte la voie que chacun s'est tracé. L'histoire est remplie d'hommes qui ont trouvé la sagesse après avoir mené une vie de guerrier.
Le Pancrace puise ses origines dans le sport et la guerre, par conséquent il comporte en lui un esprit sportif et martial. Pour lui donner une définition je dirais qu'il s'agit d'un « art du combat ».
Je ne connais pas personnellement ces messieurs, par conséquent je ne peux apporter aucun jugement.
Si leur fédération les a désignés comme tels, c'est qu'ils le sont. Mais au-delà des titres, je pense que tout individu qui monte sur un ring mérite le respect.
Cela me semble effectivement peu probable. Les exigences du CIO étant ce qu'elles sont, je reste sceptique sur les chances qu'a le Pancrace d'adhérer un jour au J.O. à moins que l'on ne garde que le nom et qu'on en fasse quelque chose « d'approximatif » qui ressemble à tout, sauf à du Pancrace. Mais, dans ce cas, je ne vois pas l'intérêt d'en faire une discipline Olympique, mis à part pour des intérêts bassement mercantiles que l'on pourrait en tirer. Néanmoins, il n'est pas exclu qu'il y ait des démonstrations pour l'ouverture des J.O. de 2004, mais rien de plus.
Lors d'un entretien avec mon professeur, M. Suresh Vajtahan, il me fit remarquer que certaines postures représentées sur les vases grecs figuraient dans les arts martiaux indiens. A partir de ce moment, je me suis intéressé aux arts martiaux d'occident et à leur évolution. J'ai consulté des ouvrages sur l'archéologie, visité des musées et, en compagnie de Francisco, nous expérimentions fréquemment nos découvertes techniques. Par la suite, Frédéric Durand, Professeur diplômé d'état (5ème Dan de Judo et membre d'honneur du Kodokan - Japon), s'est joint à nous, nous faisant part de sa vision des techniques de luttes antiques comme celles du tombeau de Beni Hassan et des représentations faites sur d'autres supports. Puis ce fut au tour de Patrick Cascales, Professeur Diplômé d'état en Boxe Française, officier de Police Judiciaire (ex-membre du GIPN) et de Ange Giovannetti, Champion de France 89 de Kick Boxing, Professeur Diplômé d'Etat en Boxe Français, de nous faire profiter de leurs expériences et de l'esprit d'analyse qu'ils portaient à l'égard des fresques représentant des boxeurs Grecs, Etrusques, Crétois, Romains, Egyptiens et Sumériens.
Absolument pas, le Pancrace a apporté un savoir qui n'a pas dû laisser indifférent les soldats des pays conquis par les grecs et plus particulièrement par les armées d'Alexandre le Grand. En revanche, il est fort probable que le Pancrace se soit également enrichi du savoir des vaincus.
C'est un nom grec qui veut dire Pancrace Traditionnel. Nous avons choisi ce terme afin de nous démarquer des autres organisations, non pas par antipathie envers celles-ci, mais pour donner une identité propre à notre style.
Il s'agit d'un style originaire du nord ouest de l'Inde connu sous le nom de Vajra Mushti. Son enseignement comporte un entraînement aux armes blanches et à mains nues, ainsi que l'étude des points vitaux et des massages issus de la tradition ayurvédique. J'ai pratiqué cet art de 1979 à 1994 sous la direction de Messieurs Suresh Vajtahan et Yog Shankar.
Le premier était un essai qui comportait quelques erreurs demandant à être corrigées. J'en ai donc sorti un deuxième plus complet. Malgré tout il reste encore de nombreux points de controverses qu'il reste à élucider.
J'ai effectivement découvert d'autres faits intéressants, en particulier sur la connaissance qu'avaient les Egyptiens des points vitaux et de leur utilisation en combat, mais il ne s'agit pour l'instant que de simples hypothèses suggérées par des bas reliefs.
J'ai un profond respect pour ce que fait Monsieur Battaglia. Il y a environ 6 ans il m'avait contacté pour une éventuelle collaboration mais les conditions de partenariat qu'il m'avait proposé étant inacceptables, nous avons préféré rompre tout contact.
Ceux qui vous permettent d'être bien dans votre peau et d'affronter la vie avec optimisme.
Il s'agit d'un comportement négatif qui ne peut que discréditer ces styles et, à plus ou moins long terme, engendrer une haine profonde. Je ne peux qu'exhorter les responsables à faire preuve de modération, de mettre de côté leurs préjugés et la recherche de leurs intérêts, afin de penser davantage à leurs élèves et à l'image qu'ils leur donnent d'eux.
Il n'y a pas grand-chose à dire, si ce n'est de leur conseiller dans un premier temps de lire Freud et, si les symptômes persistent, de consulter un médecin.
Par mon prénom tout simplement.
En ce qui concerne la presse, cette dernière ne s'intéresse principalement qu'aux stars de cinéma, aux champions et aux maîtres. Ne faisant partie d'aucune de ces catégories je trouve tout à fait normal qu'elle m'ignore. Faire l'éloge d'un individu c'est bien beau mais cela n'apporte pas grand-chose aux lecteurs, tandis que parler de la discipline ainsi que de ses origines est à mes yeux beaucoup plus enrichissant. Pour ce qui concerne l'antipathie que certains éprouvent à mon égard je le regrette mais, après tout, ils sont libres de leurs opinions. Quant aux raisons, c'est à eux qu'il faudrait poser la question.
Un seul, celui de continuer à faire partager ma passion au plus grand nombre.
Un jour peut-être, mais pas dans l'immédiat, car j'ai, pour l'instant, d'autres priorités.
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